Urologue Dr. Sami Bekkali Quitter le mode Reader

Colique néphrétique et conduite à tenir en situation d’urgence

FRÉQUENCE ET PRÉSENTATION CLINIQUE DES COLIQUES NÉPHRÉTIQUES DE L’ADULTE

A/ Définition

un syndrome douloureux lombo-abdominal aigu résultant de la mise en tension brutale de la voie excrétrice du haut appareil urinaire en amont d’un obstacle lithiasique dans 80 % des cas.

B/ Épidémiologie

1- Fréquence

2- Facteurs intrinsèques

3- Facteurs extrinsèques

C/ Présentation clinique variable.

  1. Colique néphrétique simple

a) Douleur

b) Signes digestifs

c) Signes urinaires

d) Signes généraux

e) Examen clinique

  1. Coliques néphrétiques compliquées

caractérisées soit par le terrain, soit par l’existence  de signes de gravité.

6 % des CNA sont « compliquées ».

a) Colique néphrétique fébrile

b) Colique néphrétique avec oligo-anurie

c) Colique néphrétique hyperalgique

d) Colique néphrétique chez la femme enceinte

e) Colique néphrétique et comorbidités

en fonction des  antécédents :

D/ Difficultés diagnostiques

 

ÉTIOLOGIE

On distingue les obstacles intraluminaux (lithiase, caillots), pariétaux (tumeur de la voie excrétrice, sténoses) et les compressions extrinsèques (adénopathies).

  1. Lithiases (QS)
  1. Caillots
  1. Séquestres papillaires après nécrose papillaire
  1. Sténoses urétérales
  1. Compressions extrinsèques

TRAITEMENT

Prise en charge thérapeutique initiale, Le traitement initial est essentiellement médical et principalement antalgique. Il doit être précoce et rapidement efficace.

  1. Moyens thérapeutiques

a) Restriction hydrique ou hyperhydratation ?.

On ne recommande pas de restriction hydrique,

b) Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

c) Antalgiques

d) Autres traitements proposés

  1. Recommandations
  1. Particularités du traitement initial chez la femme enceinte
  1. Particularités du traitement initial chez l’insuffisant rénal

 

INDICATIONS DES EXAMENS D’IMAGERIE EN URGENCE

L’objectif des examens néphrétiques est triple :

A/ Examens

  1. Abdomen sans préparation
  1. Urographie intraveineuse
  1. Couple ASP-échographie

L’approche couplée accroît sensiblement les performances de la seule échographie.

, il apparaît que le couple ASP-échographie peut se substituer à l’UIV comme examen de première intention dans le diagnostic d’une colique néphrétique lithiasique

  1. Scanner hélicoïdal sans injection

au diagnostic différentiel avec un phlébolithe pelvien.

l’UIV, quand il est disponible, dans le diagnostic des coliques néphrétiques lithiasiques

  1. Autres examens

B/ Indications

L’indication des examens d’imagerie, le délai acceptable pour les obtenir doivent être modulés par leur accessibilité et le contexte clinique. On peut schématiquement identifier quatre situations:

  1. Colique néphrétique simple

l’imagerie ne nécessite pas d’être réalisée dans l’immédiat.

  1. Colique néphrétique compliquée

chaque fois que cela est possible le scanner spiralé sans injection

  1. Terrains particuliers

a) Femme enceinte

 l’échographie, du fait de son innocuité. La dilatation devra être rapportée au terme de la grossesse pour tenir compte du caractère physiologique de la dilatation des cavités excrétrices La voie endovaginale peut être utile pour explorer le bas uretère.

En cas de risque foetal ou maternel, un complément par une uro-IRM ou par quelques clichés d’UIV peut se justifier, passé le premier trimestre, avant une prise en charge interventionnelle.

b) Insuffisant rénal

Le scanner spiralé est à préférer.

Il n’y a pas lieu de faire une urographie.

  1. Doutes diagnostiques

le recours au scanner spiralé sans injection est justifié du fait de sa valeur pour le diagnostic.

 

INDICATIONS DES TRAITEMENTS UROLOGIQUES SPÉCIFIQUES

A/ Modalités du traitement urologique

  1. Dérivation urinaire par sonde urétérale introduite par voie endoscopique rétrograde.

La sonde urétérale simple a pour avantage la facilité de mise en place et la possibilité de faire

des lavages en cas d’obstruction. En revanche, elle est inconfortable et mal supportée par le

patient et empêche la déambulation. Elle ne peut être laissée en place que quelques jours et

doit être remplacée par une sonde JJ.

La sonde urétérale JJ a pour avantage d’être mieux supportée par le patient, permet la

déambulation. Elle peut être laissée en place plusieurs semaines mais draine moins bien et

ne permet pas le contrôle immédiat de la qualité du drainage.

  1. Dérivation urinaire par sonde de néphrostomie percutanée introduite par

voie antérograde

  1. Traitement en urgence du calcul obstructif : possible sans dérivation préalable dans certaines conditions

B/ Indications

  1. Colique néphrétique fébrile
  1. Colique néphrétique hyperalgique

Le traitement urologique est le drainage des urines.

  1. Rupture de la voie excrétrice

Il faut évoquer cette situation lorsqu’il y a eu précédemment accalmie des douleurs puis réapparition d’une lombalgie intense avec percussion lombaire hyperalgique, empâtement de la fosse lombaire. Le diagnostic repose sur l’échographie rénale, qui retrouve un épanchement périrénal (urinome) ou en cas de doute sur le scanner sans ou avec injection ; Autrefois, c’était l’UIV qui signait le diagnostic.

  1. Insuffisance rénale aiguë obstructive avec ou sans anurie
  1. Cas particuliers

a) Femme enceinte

Les indications sont identiques. Néanmoins, la grossesse justifie des précautions particulières :

b) Transplanté rénal

Il présente plusieurs particularités :

c) Empierrement de la voie excrétrice après lithotripsie extracorporelle

La lithotripsie extracorporelle provoquant une pulvérisation du calcul en fragments plus ou moins volumineux devant s’évacuer spontanément, ces fragments calculeux peuvent entraîner une obstruction aiguë de la voie excrétrice dans les jours qui suivent le traitement.

 

STRATÉGIES D’HOSPITALISATION ET D’ORIENTATION DU PATIENT

A/ L’hospitalisation est indiquée

  1. En service d’urologie, si complications
  2. En service de gynécologie obstétrique, en cas de grossesse
  3. Dans l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD)

B/ Retour au domicile

  1. Traitement

a) Traitement médicamenteux

b) Hydratation

boire normalement pour éviter la déshydratation

  1. Suivi ambulatoire

Il n’existe aucun schéma validé de surveillance ni de traitement.

a) Autosurveillance

b) Examens biologiques

En cas de premier calcul, il n’y a pas d’utilité de prescrire un bilan biologique étiologique de la maladie lithiasique dans le cadre de l’urgence.

c) Imagerie

Dans le cadre d’une colique néphrétique simple, lorsque les examens complémentaires n’ont pas été réalisés au service d’urgences, il faut faire effectuer un ASP et une échographie réno-vésicale (vessie pleine) entre la douzième et la quarante-huitième heure

d) Consultation après le passage au service d’urgences

La première consultation après le service d’urgences aura lieu dans un délai de trois à sept jours auprès du médecin généraliste pour vérifier l’absence de complications et l’expulsion éventuelle du calcul et prendre connaissance des résultats de l’imagerie.